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Michel-Ange

Pays : Italie

Style : ecole italienne

Période : Haute-Renaissance

Les débuts


Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni naît le 6 mars 1475 à Caprese en Toscane, fils cadet de Ludovico Buonarroti et de Francesca di Neri Miniato del Sera. Son père est un ancien aristocrate ruiné et exerce la profession de podestat (maire) de Chuisi et de Caprese, au terme de son mandat peu avant la naissance de Michel-Ange, il retourne s'installer à Florence avec sa famille. Michel-Ange est placé en nourrice àSettignano, Francesca Buonarroti met au monde trois autres fils et meurt en 1481, Michel-Ange est alors âgé de six ans.

A l'âge de dix ans, son père désirant qu'il fasse des études de lettres, le met à l'école à Florence, chez l'humaniste Francesco da Urbino, pendant trois années. Michel-Ange apprend à lire, à écrire, le grec et le latin, mais déjà il préfère le dessin et est encouragé par son ami le peintre Francesco Granacci qui est apprenti dans l'atelier réputé du peintre Domenico Ghirlandaio, Granacci lui fournit des dessins à copier et l'incite à entrer en apprentissage chez son maître. Lodovico s'oppose à ce que son fils abandonne les études pour une carrière artistique qu'il méprise. La ténacité de Michel-Ange a raison de la résistance de son père, qui le laisse entrer dans l'atelier de Ghirlandaio le 1 avril 1488 et signe un contrat pour trois ans.

Michel ange se consacre avec passion et fougue à son apprentissage, il acquiert très rapidement la réputation d'un excellent copiste. Depuis 1486 Ghirlandaio réalise un ensemble de fresques sur la vie de la Vierge et de saint Jean-Baptiste pour une chapelle du choeur de l'église Santa Maria Novella, commandé par le banquier Giovanni Tornabuoni, Michel-Ange a participé dès son entrée dans l'atelier à la réalisation de fresques de la chapelle Tornabuoni. Il ne reste qu'une année chez les frères Ghirlandaio au lieu des trois années prévues. Il reçoit probablement des cours de sculpture chez Benedetto da Mariano, puis vers 1505-06 chez Giuliano da Sangello.


Premières œuvres



On le retrouve aux jardins des Médicis près de San Marco, où il est remarqué par Laurent de Médicis dit le Magnifique (il Magnifico). Il devient son hôte de 1489 à 1492 et loge dans le palais des Médicis, à via Larga. Laurent de Médicis considère Michel-Ange comme son fils, de cette période date probablement deux bas-reliefs en marbre ses deux premières sculptures, la Vierge à l'escalier et la Bataille des Centaures et des Lapithes, inspiré de l'Antique, Michel-ange le sculpte à peine âgé de 17 ans, c'est le seul relief narratif de toute son oeuvre sculpturale, il refuse par ailleurs de le vendre à plusieurs reprises, le sujet est tiré des Métamorphoses d'Ovide dont Agnolo Poliziano (Politien) lui parle, le poète et philosophe Poliziano est à l'époque précepteur chez les Médicis.

Politien lui donne des conseils, le poète prône en art l'audace et l'impétuosité que Michel-Ange applique à la lettre. Il pratique la sculpture sous la tutelle de Bertoldo da Giovanni, ancien élève du grand Donatello, il étudie les pierres gravées et les sculptures antiques faisant partie de la collection personnelle des Médicis., Michel-ange est très impressionné par l'art de Bertoldo, c'est à cette période que le jeune Michel-Ange se tourne vers la sculpture sa seule véritable passion.

A la mort de Laurent de Médicis en 1492, Michel-Ange quitte le palais Médicis et retourne chez son père. À Florence, il est accueilli par le prieur de Santo Spirito, dans l'hôpital du couvent, un des plus importants de Florence, Michel-Ange pratique des dissections, le prieur lui fournit des cadavres, Michel-Ange étudie l'anatomie, le sculpteur acquiert une connaissance profonde de la myologie et s'en sert dans la représentation du corps humain. Il consacre à cette discipline plusieurs années d'étude, bien plus que Léonard de Vinci, afin de comprendre la dynamique et la mécanique corporelle. Au cours des années 1492-93 Michel-Ange sculpte un Hercule en marbre (perdu) sans doute pour Pierre de Médicis le fils aîné de Laurent, puis pour le prieur du couvent de Santo Spirito, un crucifix en bois.

Lors de l'approche des troupes du roi de France Charles VIII, en 1494, il s'enfuit de Florence, se rend à Venise, puis à Bologne ou Michel-Ange est hébergé par l'aristocrate, Gianfrancesco Aldovranti qui lui commande trois statuettes pour le tombeau de saint Dominique inachevé (l'oeuvre de Niccolo dell'Arca) dans l'église du même nom à Bologne : Saint Procule ; Saint Pétrone et l'Ange de lumière. La République instaurée à Florence, il revient et est logé chez Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis et travaille pour lui et sculpte un saint Jean-Baptiste enfant (perdu).

Rome et la Pietà de Saint-Pierre



En 1496, le climat est devenu hostile à Florence, il part pour Rome et est l'hôte du cardinal Raffaeli Riaro dans son palais de la Chancellerie, il travaille pour lui et son cercle d'humanistes, notamment pour le banquier Jacopo Galli, il sculpte un Cupidon endormi (perdu) qui est vieilli artificiellement en lui faisant croire qu'il s'agit d'une sculpture antique, la tromperie découverte, Riaro demande la restitution de l'argent. Michel-Ange acquiers une connaissance du passé qui lui permet de copier et d'imiter parfaitement les anciens maîtres, il s'amuse même à substituer ses propres dessins copiés aux originaux pour prouver son extraordinaire virtuosité technique. Le cardinal Riaro lui commande un Bacchus en marbre qui est traité à l'antique, puis un Apollon.

Grâce à Galli il signe en 1498 un contrat important avec le cardinal français Jean Bilhères de Lagraulas, ambassadeur du roi Charles VIII auprès du pape Alexandre VI, pour la réalisation d'une Pietà destinée à une chapelle annexe à la basilique Saint-Pierre de Rome pour sa propre tombe. Pour la réaliser il se rend à la fin de l'année 1497 à Carrare pour acheter un marbre nécessaire à son travail, la Pietà est terminée en 1499, le résultat est d'une beauté sans pareil et d'un raffinement extrême même dans les moindres détails, le drapé qui enveloppe la Vierge est d'une virtuosité technique incroyable, il apporte un soin minutieux à la finition, le marbre est poli avec beaucoup de patience pour atteindre cet éclat incomparable, Michel-Ange exécute ce chef-d'oeuvre seulement âgé de 24 ans.

La Vierge tient sur ses genoux le corps du Christ mort, détaché de sa croix. Le corps, repose en travers des genoux de la Vierge et épouse les mouvements de l'ample draperie de ses vêtements. Son maintien qui parait fragile exprime la légèreté et tend à effacer l'évocation de la douleur et privilégie l'émotion du sentiment religieux. Michel-Ange travaille les proportions de sa Piétà de façon plutôt singulière, les jambes, les bras et les mains de la Vierge sont de dimensions exagérées (debout la Vierge ferait plus de deux mètres), Michel-Ange cache cette difformité grâce aux très nombreux plis des vêtements de la Vierge. Le visage de Marie est très juvénile et est représenté plus jeune que son fils, Michel-Ange explique que c'est la preuve de sa pureté et de la virginité qui retardent les effets du vieillissement. À noter que c'est la seule oeuvre de Michel-Ange signée, il sculpte son nom sur la ceinture qui enveloppe la poitrine de la Vierge.

Au printemps 1501 Michel-Ange revient à Florence ou la République devient modérée sous l'autorité du gonfalonier Piero Soderni qui lui commande une fresque pour la salle du Conseil du palais de la Seigneurie (Palazzo della Signorici), elle représente un épisode de la guerre contre Pise en 1364, La Bataille de Cascina, Michel-Ange réalise les dessins préparatoires et le carton (détruit) de très grande taille environ 15 m2.


David



Michel-Ange signe un contrat avec le cardinal Francesco Todeschi Piccolomini (futur pape Pie III), pour exécuter des statues destinées à l'autel Piccolomini dans la cathédrale de Sienne, il réalise celles des saints Pierre, Paul, Pie et Grégoire. Michel-Ange qui travaille également pour de riches marchands, se voit confié un bloc de marbre nommé le géant que la confrérie du chantier de la cathédrale conservait, pour réaliser un David qu'il commence au mois de septembre, la commande émane de la corporation des tisserands lainiers (arte della lana) le contrat stipule que Michel-Ange doit livrer la statue dans les deux ans, le splendide David est installé le 8 juin 1504 devant le palais de la Seigneurie (Palazzo Vecchio) à la place de la Judith de Donatello et devient ainsi le symbole du gouvernement républicain et protecteur de Florence. Ce chef-d'oeuvre, premier nu colossal (4,10 mètres de haut) depuis l'Antiquité, il est taillé dans un bloc unique, sans ajouts tout comme la Pietà de Saint-Pierre. Le visage de David est plein de tension, le contraste entre les deux côtés est marqué, celui-ci correspond à une distinction morale que le Moyen-Age établit entre les deux côtés : le côté droit sous la protection divine, le côté gauche vulnérable et exposé aux puissances du mal. Le traitement du corps du David est nouveau, Michel-Ange sculpte avec beaucoup de détails les muscles, les veines.

En 1503, il se voit confier, pour le Duomo de Florence, la réalisation de douze statues d'apôtres dont il ne reste à ce jour qu'un saint Mathieu inachevé. À la fin de l'année il est payé par le marchand drapier flamand Alexandre Mouscron pour une statue de la Vierge à l'Enfant (Bruges, Notre-Dame) Michel-Ange choisit non pas de représenter l'Enfant à genoux sur sa mère, mais, debout s'apprêtant à toucher le sol et à suivre son propre destin. De cette même année date deux reliefs de marbre représentant La Vierge à l'Enfant et saint Jean-Baptiste enfant. Il exécute pour Bartolomeo Pitti un relief circulaire (tondo) mais appelé à Rome il laissera le relief inachevée, Pitti l'accepte malgré tout. Certaines oeuvres de Michel-Ange ont ce problème d'inachevé (non finito) parfois à cause d'un défaut du marbre ou au surplus de commandes ou encore à cause de ses départs précipités qui le contraigne à abandonner le travail, de ce fait Michel-Ange invente ce style si particulier que Rodin reprend au XIXe siècle.

Le tombeau de Jules II



En mars 1505 Michel-Ange est de nouveau à Rome, appelé par le pape Jules II pour réaliser une commande monumentale son mausolée (tombeau), l'artiste imagine une structure grandiose, d'une surface au sol de près de 75 m2, avec de grands reliefs en bronze et quarante statues en marbre, relatant la vie du pontife. Le projet approuvé il se rend à Carrare du mois de mai à celui de décembre pour choisir ses marbres. Revenu à Rome au début de l'année 1506, le pape refuse de le recevoir, Jules II abandonne le projet, furieux Michel-Ange connu pour être caractériel, part pour Florence et entame alors une querelle avec le saint Père, jusqu'à ce que les deux hommes se retrouvent à Bologne en novembre, réconcilié, le pape lui commande une colossale statue en bronze le représentant destinée à la façade de San Petronio, l'effigie est fondue en juillet et malheureusement détruite en 1511.

De retour à Florence Michel-Ange obtient une commande du gouverneur de la ville le gonfaloniere Pietro Soderini, un Hercule maîtrisant le géant Cacus pour faire face au David, la commande n'est jamais réalisée par l'artiste, le groupe est finalement exécuté par Baccio Bandenelli. Il reprend la réalisation du tombeau en 1513 à la mort du pape, il y travaille trois ans, sculptant les deux esclaves et la statue de Moïse (voir Moïse plus loin) qui est conservée dans la réalisation finale. Au total se succèdent cinq projets, finalement Michel-Ange met quarante ans en tout à réaliser ce projet gigantesque, il dira, "J'ai perdu toute ma jeunesse enchaîné à ce tombeau". Le tombeau est terminé définitivement en 1542, Michel-Ange confie à plusieurs sculpteurs l'exécution de statues et d'ornements pour achever enfin le tombeau, il est installé en janvier 1545. Dans la partie supérieure se trouvent la Vierge et l'Enfant, l'effigie de Jules II, le Prophète et la Sibylle, dans la partie inférieure, la Vie Active, Moïse et la Vie contemplative, sculptées par Michel-Ange.

Les fresques de la voûte de la chapelle Sixtine



Après deux mois passés à Florence il se rend de nouveau à Rome appelé par Jules II contraint d'accepter une commande de substitution à celle du tombeau, celle-ci étant beaucoup moins onéreuse, Jules II, lui demande de peindre à fresque la voûte de la chapelle Sixtine. Le pape Jules II, grand mécène, désire que ce travail soit réalisé de son vivant, Michel-Ange conçoit un monument grandiose qui prendrait place dans la basilique Saint-Pierre. Jules II prévoit alors de faire reconstruire celle-ci et met en concurrence deux architectes, Giulianoda Sangallo et l'ambitieux Donato Bramante. Le projet de Bramante remporte les faveurs du pape, qui avec ce nouveau grand projet se désintéresse de la réalisation de son tombeau. Michel-Ange, découragé et furieux part alors pour Florence et persuadé de la malveillance de Bramante à son égard (il a convaincu le pape que la réalisation de son tombeau de son vivant portait malheur). Apparemment Bramante a réussi à convaincre le saint Père de donner à peindre à fresque la voûte de la chapelle Sixtine à Michel-Ange. Bramante pensant alors que Michel-Ange refuserait le travail ou le réussirait moins bien que Raphaël, ces propos seront rapportés par Condivi un ami de Michel-Ange.

La Chapelle Sixtine prend son nom du Pape Sixte IV della Rovere (pape de 1471 à 1484) qui fait restaurer l'ancienne Cappella Magna entre 1477 et 1480. La décoration des parois remonte au Xe siècle et comprend, les tentures en trompe-l'oeil, les Histoires de Moïse et du Christ et les portraits des Papes. Sa réalisation est confiée au départ à une équipe de peintres dont, Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio, Cosimo Rosselli, soutenus par leurs ateliers respectifs et par leurs plus proches collaborateurs dont Biagio di Antonio, Bartolomeo della Gatta et Luca Signorelli. Pier Matteo d'Amelia y peignit un ciel étoilé sur la voûte.

Michel-Ange qui n'aime pas peindre, tente quelques temps d'esquiver la commande et propose même Raphaël à sa place, mais devant la ferme résolution du pape fini par accepter. Les travaux commencèrent le 10 mai 1508 et s'achèvent, après une interruption de près d'une année, faute de financement d'août 1510 à juin 1511, au mois d'octobre 1512. La voûte est réalisée en deux temps, car le grand échafaudage que Michel-Ange à lui-même conçu ne permet pas de travailler que sur une moitié de la surface. Il faut donc le démonter puis le remonter, sans doute au mois de juin 1511. Il refuse l'échafaudage élevé par Donato Bramante grand rival de l'artiste qui espère le voir échouer dans cette mission considérée comme impossible au vu de la taille du plafond, plus de 500 m² et qui comporte des lunettes. Michel-Ange met son échafaudage au point et refuse l'aide des peintres fresquiste venus tout exprès de Florence. L'artiste s'enferme seul avec quelques manoeuvres et décide de peindre la voûte de la chapelle mais également les murailles de celle-ci jusqu'aux fresques anciennes, soit plus de 550 m².
Il doit remplacer la décoration originale représentant des étoiles dorées sur un fond bleu. Le plafond est terminé à la fin du mois d'octobre 1512, Michel-Ange est confronté à plusieurs problèmes durant son travail, l'apparition de moisissures au début de l'exécution, en 1510, il est absent de Rome, il est à Bologne pour implorer le pape de continuer à prendre en charge le financement de l'ouvrage.

La composition se divise en trois thèmes, la création de l'univers, la création de l'humanité et l'histoire de Noé, 9 épisodes tirés de la Genèse sont réalisées par Michel-Ange ne respecte pas la chronologie de la Genèse de l'Ancien Testament. La fresque débute au bout de l'autel avec Dieu séparant la Lumière des Ténèbres, la création d'Ève exécutée au-dessus de la clôture du choeur crée une frontière symbolique entre le cycle de la création et les peintures représentant l'humanité déchue. Chaque scène se différencie par un cadre architectural dans lequel sont assis les ignudis (jeunes hommes nus). Les ignudis soutiennent de grands médaillons de bronze en trompe-l'oeil relatant l'ancien testament, il peint des guirlandes de feuilles de chênes, l'emblème des della Rovere (le nom de famille du pape). Michel-Ange structure la voûte par un cadre architectural peint, pour différencier les scènes. Les travaux sont terminés en octobre 1512 et laisse Michel-Ange épuisé après ce travail très éprouvant. Jules II inaugure la Chapelle Sixtine le jour de la Toussaint (le 1er novembre) par une messe solennelle, la chapelle Sixtine est ouverte au public le 31 octobre 1512 et est un triomphe, le public est stupéfait par les couleurs vives et contrastées et par la puissance d'évocation qui se dégage des 340 personnages en mouvement.

Moïse



Quatre mois plus tard le pape Jules II meurt, Michel-Ange passe un accord avec ses héritiers pour l'achèvement du monument funéraire le Tombeau de Jules II et revient à la sculpture qu'il aime tant, le contrat stipule que l'artiste s'engage à terminer l'oeuvre dans un délai de sept ans. Michel-Ange réalise au moins de six versions du nouveau projet, il comprend l'exécution de 32 grandes statues illustrant le triomphe de l'église sur le monde païen, à l'étage inférieur du tombeau se trouvent les Victoires, les Esclaves, les sculptures du second niveau Moise et Saint Paul. Pendant trois ans Michel-ange se consacre exclusivement à ce travail, en 1513 il sculpte l'Esclave rebelle et l'Esclave mourant qui ne parviennent jamais jusqu'au tombeau, ils sont offerts à l'un des Strozzi de Florence, puis deviennent la propriété du roi de France François 1er, en 1515 il termine sa sculpture monumentale et spectaculaire, nommée Moise. Celui-ci est représenté au moment où descendu du Sinaï avec la Table de la Loi, Moïse regarde courroucé les Juifs idolâtrés. L'extraordinaire force de cette figure, la splendeur de la tension des muscles et des veines, la posture et le regard furieux en ont fait, avec raison, un des chefs-d'oeuvre les plus admirés de la sculpture de tous les temps.


Le tombeau des Médicis



Les projets du nouveau pape, Léon X, ex cardinal de Médicis et fils de Laurent le Magnifique retardent l'exécution des statues, en 1516, le pontife lui commande le complément de la façade de l'église des Médicis San Lorenzo à Florence, Michel-Ange participe alors au concours aux côtés des architectes les plus renommés de l'époque : Sangello, Sansovino, Raphaël et évince ses rivaux. Cette façade ne sera jamais réalisée, le pape renonce au projet, préférant passer en priorité une entreprise qui lui semble essentielle, la réalisation d'une chapelle funéraire réunissant les tombes des deux magnifici (Laurent le Magnifique et Giuliano de Medici) et deux Duchi (Giuilio de Medici, duc de Nemours et Lorenzo de Medici, duc d'Urbin, puis à cet important chantier celui de la construction de la bibliothèque de San Lorenzo, destinée à recevoir les manuscrits de Laurent le Magnifique, les travaux s'éternisent, débutée en 1524, elle reste inachevée, notamment à la suite du sac de Rome en 1527, les Médicis ayant été de nouveau chassés.

Michel-ange se met au service du gouvernement et est nommé gouverneur général des fortifications, le 6 avril 1529. Puis il s'enfuit à nouveau et se rend à Venise, il revient à Florence à la fin de l'année 1529 et dirige les travaux défensifs en terre battue sur la colline de San Miniato et participe à la défense de la ville assiégée par les impériaux. Après la reddition des républicains Michel-Ange est caché dans San Lorenzo par le prieur qui lui obtient le pardon du pape Clément VII, il reprend alors les travaux inachevé jusqu'à la mort de celui-ci. Privé alors de son appui et de sa protection, il se sent en danger et se fixe définitivement à Rome. Vers 1532, Michel-Ange rencontre Tommaso de'Cavalieri, âgé alors d'une vingtaine d'années et d'une grande beauté d'après l'humaniste Benedetto Varchi et qui est la grande passion amoureuse de l'artiste, il lui inspire des poèmes et des dessins dont L'Enlèvement de Ganymède, Tommaso reste toujours proche de Michel-Ange et ce jusqu'à son décès.

Le Jugement dernier



Lors d'une discussion avec le pape Clément VII, Michel-ange reçoit la commande d'une fresque sur le mur d'autel de la chapelle Sixtine, Le Jugement dernier, la commande est confirmée en 1535 par le nouveau pape Paul III Farnèse qui le nomme supremo architetto, pittore e sclutore dei Palazzi Apostolici (suprême architecte, peintre et sculpteur des palais apostoliques). Michel-Ange utilise la totalité du mur et pour cela fait murer deux fenêtres et détruire les précédentes fresques, la surface à peindre est immense, 13,7 mètres de haut sur 12,2 mètres de large. Il charge le peintre Sebastiano del Piombo de préparer le mur, Piombo utilise des enduits destinés à recevoir une peinture à l'huile, Michel-Ange furieux fait recommencer le travail pour une peinture à fresque, ce qui retarde le commencement des travaux. Michel-ange commence le chantier en 1536 dont une année entière à préparer le mur. Le terrible comme l'appelle le pape Jules II met six années à réaliser son immense chef-d'oeuvre au prix d'une grande souffrance autant physique que morale, Michel-ange débute la fresque à l'âge de 61 ans ! Rien ne l'arrête, avec sa volonté de fer Michel-Ange continue même après une chute de l'échafaudage où il se blesse assez grièvement à la jambe, mais continue néanmoins son immense travail, plusieurs fois il veut tout abandonner.

La composition s'organise en un gigantesque mouvement circulaire dont le Christ juge est le pivot central, sur la gauche, les morts sortent de leurs tombes et montent vers le Christ, soutenus par des anges dépourvus d'ailes, à droite, se trouvent, les damnés descendent en enfer et sont expulsés à coups de rame de la barque du passeur Charon. le Christ menaçant est avec la Vierge Marie et par des saints martyrs. Michel-Ange bouleverse l'iconographie traditionnelle du jugement dernier, il réalise un cataclysme, une force tumultueuse, les figures pour la plupart des nues se meuvent dans toutes les attitudes possibles et imaginables. IL représente l'homme horrifié qui prend conscience de sa déchéance.

Pendant l'exécution des fresques Michel-Ange a des rapports orageux avec le pape au sujet du délai final et doit dévoiler son travail avant son achèvement en 1541. L'immense oeuvre qui est finalement approuvée par le pape Farnèse qui en voyant le résultat final est tellement bouleversé qu'il tombe à genoux, implorant Dieu pour son propre salut au jour du jugement dernier. L'immense fresque est dévoilée le 25 décembre 1541, toute l'Italie vient la voir, mais également les étrangers, des flamands, des Allemands, des Français virent copier l'oeuvre, la gloire de Michel-ange devient immense.

Vasari dira : Dans la pensée de cet homme extraordinaire, il ne s'est agi que de montrer la perfection et l'harmonie du corps humain dans la diversité de ses attitudes et en outre les mouvements passionnels et ceux qui comblent l'âme, content de s'en tenir à ce registre où il l'emporte sur tous les artistes-en montrant la route du grand style, du nu et la science du dessin. La nudité des personnages de la fresque font scandale, on reproche à Michel-Ange de peindre des obscénités, en 1564 Paul IV Carafa demande au peintre Daniele Da Volterra (Daniele Ricciarelli dit), un fidèle disciple de Michel-Ange de refaire certain détail anatomique et de peindre des culottes, le peintre est alors surnommé Braguettone, (culottier) Michel-Ange qui reste impassible assiste à la mutilation de son oeuvre et déclare méprisant, Dites à sa Sainteté que c'est là une petite chose qui peut facilement être mise en ordre. Qu'elle veille seulement à mettre le monde en ordre : réformer une peinture ne coûte pas grand-peine!

Grâce à la recommandation de son maître à Catherine de Médicis Da Volterra obtient la réalisation du monument équestre d'Henri II, il réalise également le magnifique portrait de Miche-Ange sans doute d'après un masque mortuaire et qui est un hommage au maître disparu, à la mort de celui-ci il procède à l'inventaire des biens laissés par Michel-Ange dans la maison romaine de Macel de'Corvi ou Da Volterra loge par la suite.

Le Capitole



En 1538 Paul III charge Michel-Ange d'aménager sur le capitole (Campidoglio) une place pour recevoir la statue équestre de Marc-Aurèle, alors conservée au Latran. En 1542, grâce à l'intervention de Paul III un accord est passé pour le tombeau de Jules II entre les héritiers de ce dernier et Michel-ange, ils se contentent des statues déjà réalisées et acceptent de confier à d'autres l'achèvement des travaux. Michel-Ange peut ainsi débuter les fresques de la chapelle Pauline (Capela Paolina) pour la chapelle privée du pape au Vatican.

Michel-ange y peint une Conversion de saint Paul et un Martyre de saint Pierre sur les murs latéraux de la chapelle, il ne la verra pas, il a accepté le travail à contrecœur, les travaux commencés à l'automne 1542 durent jusqu'au début de l'année 1550, ils sont interrompus deux fois par la maladie de l'artiste puis par un incendie en 1545.

En 1546, à la mort du grand architecte Antonio da Sangallo le jeune, Michel-ange est nommé architecte de la fabrique de Saint-Pierre et de l'achèvement du palais Farnèse conduit successivement par Raphaël, Peruzzi et par Sangello. Michel-Ange accepte à la seule condition d'en être le seul maître. Il rejette immédiatement le parti de Sangello et se méfie du personnel, il fait détruire tout ce que son prédécesseur a édifié, il propose une nouvelle maquette qui est acceptée. Le plan de Michel-ange abandonne la conception en croix latine, qui a prévalu jusque là et revenait à l'idée de Bramante une croix grecque inscrite dans un carré, que l'artiste simplifie pour conserver aux volumes intérieurs une plus grande cohérence, une plus grande luminosité et que le tout soit majestueux. Michel-ange pour ce projet réalise beaucoup de dessins, fait construire des maquettes en terre cuite et des modèles en bois exécutées par Giacomo della Porta avec quelques modifications, pour ce chantier immense il renonce à toute rémunération, travaillant alors comme il dit pour la gloire de Dieu. La mort l'interrompt dans ses travaux et la basilique ne sera achevée qu'au XVIIe siècle, en partie sur ses plans quelque peu modifié.

En 1550, les fresques de la chapelle Pauline terminées, il travaille à une Pietà (Rondamini) qu'il mutile sans doute mécontent de son travail et qui reste inachevée, l'année suivante il termine l'escalier monumental du Capitole. En 1559 il fournit des dessins de projets pour l'église florentine à Rome, San Giovanni de'Fiorentini.

Puis en 1560 à la demande de Catherine de Médicis le monument équestre d'Henri II et travaille au projet de la chapelle Sforza à Santa Maria Maggiore. À la demande de Pie IV qui l'emploie malgré son grand âge et l'implique dans un vaste projet d'urbanisme, la Porta Pia, il dirige également l'aménagement de la grande salle des thermes de Dioclétien en l'église Sainte-Marie-des-Anges, autre dernier projet l'exécution de trois plans réalisés à la demande des consuls de la nation florentine à Rome pour l'église Saint-Jean-des-Florentins. Mais faute d'argent le projet reste en l'état de maquette en bois qui est connue par des gravures. En reconnaissance de ses talents il est désigné chef de l'académie florentine de dessin fondée en 1563.

Les dernières œuvres du Divin



La dernière oeuvre de Michel-Ange, une Pietà n'est pas une commande, il la sculpte en prévision de son futur tombeau, le Nicodème considéré comme un autoportrait de l'artiste qui veut se représenter sur sa propre tombe, dans un accès de colère Michel-Ange brise la jambe gauche du christ et le bras gauche, il la donne à son serviteurs Antonio, le groupe est restauré par le sculpteur florentin Tiberio Calcagni, un ami de Michel-ange.

Juste avant sa mort le 14 février 1564, il travaille encore à sa Piétà Rondamini, il meurt à l'âge de 89 ans en présence de Daniele de Volterra, de son cher Tommaso Cavalieri et de Diomède Leoni. Michel-Ange est inhumé le jour suivant en l'église San Apostoli, puis conformément aux dernières volontés de l'artiste son neveu le fait transporter secrètement dans sa ville natale de Florence ou le grand artiste a droit à des funérailles nationales le 14 juillet 1564, il est le premier artiste à avoir droit à ce privilège. Le grand-duc Cosme de Médicis fait le don d'un marbre pour la réalisation d'un tombeau. Giorgio Vasari dirige l'exécution de celui-ci. Sur le dessus du tombeau trois statues représentant respectivement, la Peinture, la Sculpture et l'Architecture pleurant la mort d'Il Divino Michel-Ange, artiste inoubliable.



Première édition le: 11 mai 2010 Par : Sarah
Mise à jour le: 24 janvier 2012 Par : Sarah


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Vierge à l'Escalier (Madonna della Scala)

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Le Combat des Centaures

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Saint Pétrone

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Saint Procole vers 1494-95

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Pietà

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La Vierge à l'Enfant avec saint Jean (Tondo Pitti)

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La Vierge à l'Enfant avec saint Jean (Tondo Taddei)

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La Sainte Famille et saint Jean (Tondo Doni)

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Vierge à l'Enfant

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David

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Moïse

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